ARCEP : la candidate de Macron répond aux attaques sur son passé chez Orange

Il y a 1 semaine 19
Arcep

Barthélémy Philippe Publié le 13/01/2021 à 19h28 Mis à jour le 13/01/2021 à 19h29

 la candidate de Macron répond aux attaques sur son passé chez Orange Niviere David/ABACAPRESS.COM

EXCLU CAPITAL

Pas encore officiellement nommée, déjà sous le feu des critiques. Depuis qu’Emmanuel Macron a dévoilé qu’il envisageait de propulser Laure de La Raudière à la tête de l'Autorité de régulation des communications électroniques (Arcep), pour succéder à Sébastien Soriano — dont le mandat a pris fin le 4 janvier — le passé professionnel de la députée centriste du groupe Agir (qui appartient à la majorité) a resurgi comme un boomerang, jetant le doute sur la compatibilité de son profil avec le poste de présidente du “gendarme des Télécoms”.

Et pour cause : avant sa première élection à l’Assemblée nationale, en 2007, l’ingénieure de formation avait travaillé plus de dix ans (de 1990 et 2001) chez France Telecom, devenu Orange, à divers postes de direction. Après la fin du premier chapitre de sa carrière, Laure de La Raudière avait fondé, en 2003, Madisy, sa propre société de conseil en réseaux, infrastructures et télécommunications. Trois ans plus tard, en 2006, les activités opérationnelles de Madisy avaient été fusionnées avec Navigacom, un cabinet de consultants spécialisé dans la transformation digitale, dont la députée a été directrice générale, de 2006 à 2010.

"Une seule mission auprès de France Télécom"

Durant la période de ses activités de conseil (2003 à 2010), la députée centriste n’a pas, de son propre aveu, totalement rompu les liens d’affaires avec son ancien employeur : “J’ai réalisé une seule mission auprès de France Télécom dans le cadre des activités de conseil de Madisy pour un montant total de 24.000 euros, ce qui a représenté 5% du chiffre d’affaires de Madisy en 2004 et 12% du chiffre d’affaires en 2005”, a-t-elle répondu à Capital, qui l’interrogeait sur ses relations avec France Télécom Orange, après son départ de l’entreprise.

Pour certains connaisseurs du secteur, les liens passés de Laure de La Raudière avec Orange feraient immanquablement peser un soupçon de conflit d’intérêts sur son mandat à la tête de l’ARCEP, si sa nomination devait être validée par l’Assemblée et le Sénat, qui doivent encore ratifier la “proposition” d’Emmanuel Macron. D’autant plus que la mission principale de cette autorité indépendante consiste justement à réguler la concurrence entre cet opérateur et ses rivaux : SFR, Free, Bouygues… Le président d’Illiad (ndlr : la maison-mère de Free) Xavier Niel, est d’ailleurs rapidement monté au créneau en dénonçant un choix “aberrant”, lundi dernier, sur BFM Business. Tout en reconnaissant les compétences de la députée, l’homme d’affaires a déclaré que “nommer à la tête d'une autorité indépendante quelqu'un qui a bossé 15 ans chez Orange (...) paraît assez surprenant”.

⋙ A lire aussi - Xavier Niel critique la possible nomination d’une ex-salariée d’Orange à la tête de l’Arcep

Outre le CV de Laure de La Raudière, Xavier Niel a sans doute en tête les prises de position passées de Laure de La Raudière, pas toujours favorables à Free. Co-auteure d’un rapport parlementaire sur “l’impact de la régulation des télécoms sur la filière télécom” en 2013, l’élue déplorait notamment les effets de l’arrivée du nouvel opérateur sur le marché, notamment en termes de destruction d’emplois dans le secteur.

Face aux inquiétudes que suscitent sa probable nomination, Laure De La Raudière met en avant l’impartialité de ses travaux à l’Assemblée nationale, depuis 2007. “J’ai réalisé 9 missions sur les enjeux numériques, en toute indépendance d’esprit et sans jamais me demander si ce que je proposais était bon pour un acteur ou un autre. Mes choix étaient guidés par l’intérêt général, et ce que je considérais comme prioritaire et équilibré, entre les objectifs d’aménagement du territoire, de développement de la concurrence et de l’innovation, et de développement de la filière et de l’emploi dans ce secteur”, affirme-t-elle, auprès de Capital. Quant à son passage chez France Telecom — “il y a plus de vingt ans”, insiste-t-elle — elle estime qu’il s’agit d’un atout en vue de la présidence de l’ARCEP, puisque cette expérience lui a permis “d'acquérir l’expertise nécessaire à la compréhension technique et opérationnelle du secteur des télécommunications”.

⋙ A lire aussi - Grand Frais sera-t-elle la première cible de Niel, Pigasse et Zouari ?

Les dernières actus du secteur dans votre boite mail. Recevez notre newsletter ECO.

Lire la Suite de l'Article