Jean-Michel Blanquer ouvre la porte à des «aménagements» supplémentaires pour le bac 2021

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Après une journée de mobilisation des lycéens, le ministre de l’Education nationale a martelé la nécessité de ne pas passer le diplôme en contrôle continu intégral tout en se disant ouvert à des «aménagements».

Jean Castex et Jean-Michel Blanquer dans un lycée près de Nancy, le 3 mai 2021. (Patrick Hertzog/AFP)

par Marlène Thomas

A mesure que les échéances du bac s’approchent, l’inquiétude monte chez les terminales. Après une rentrée en présentiel dans le secondaire placée sous le signe de la mobilisation dans les lycées, le ministre de l’Education nationale a réagi au cri d’alerte des élèves. Au micro d’Europe 1 lundi soir, Jean-Michel Blanquer reste toutefois ferme et ne compte pas gommer, comme l’an dernier, toutes les épreuves du bac. Un enjeu politique d’autant plus fort pour lui que ce diplôme, revisité à sa sauce, devait cette année faire sa grande première. «Je reste ouvert sur les aménagements possibles mais je tiens quand même à ce qu’on ne passe pas au contrôle continu intégral», a-t-il prévenu.

L’UNL, (Union nationale des lycéens, principal syndicat lycéen) et le MNL (Mouvement national lycéen) en lien avec le FCPE (Fédération de parents d’élèves) avaient appelé sous le mot d’ordre #BacNoir à des blocus dans les lycées dès lundi pour réclamer l’annulation du grand oral, l’une des grandes nouveautés de cette mouture, et la validation des épreuves terminales, comprenant aussi l’écrit de philosophie, en contrôle continu pour toutes les filières.

Des centaines de lycées bloqués

Couplée à la mise en place de la réforme du baccalauréat, la crise sanitaire a créé «un grand flou général», fait valoir l’UNL en insistant sur des conditions de préparation insuffisantes pour cette échéance. Une pétition réclamant ces mêmes modalités a recueilli en deux semaines près de 230 000 signatures, témoignage de l’ampleur de l’inquiétude. Lundi soir, l’UNL a dénombré plus de 300 lycées bloqués quand le MNL en revendiquait une centaine. De nouvelles mobilisations sont d’ores et déjà prévues ce mercredi.

Le ministre fait valoir que dans les conditions actuelles, le contrôle continu va représenter 82% de la note finale du bac, l’épreuve écrite de philosophie et celle du grand oral correspondant aux 18% restants. Il rappelle avoir «passé des matières d’examen terminal en contrôle continu», citant l’exemple des «enseignements de spécialité» (matières choisies par les élèves en remplacement des anciennes filières), dont les épreuves au coefficient le plus important (16) auraient dû être passées «en mars». Les épreuves de contrôle continu, qui donnent lieu à des évaluations en première et terminale, ont connu le même sort.

«Ne pas piéger les élèves»

Le ministre l’assure : «On va encore évoluer pour que ce soit le plus favorable possible pour les élèves.» Une des pistes avancées : la possibilité que les élèves transmettent un message de leur professeur au jury de l’oral «pour signaler les parties du programme qui n’ont pas été vues» en raison des perturbations provoquées par la crise sanitaire. «Il y aura aussi d’autres mesures», a-t-il promis, «pour ne pas piéger les élèves», précisant qu’il allait recevoir «cette semaine» les organisations syndicales et lycéennes pour en discuter.

Le maintien de ces épreuves ne vise qu’à «préparer l’avenir des élèves», insiste le ministre. Pour lui, l’horizon est clair : «J’ai souvent dit que l’on passait le baccalauréat non pas pour le baccalauréat lui-même, mais pour ce qu’il va permettre de réussir : il faut entraîner les élèves à des choses positives», comme «bien écrire en philosophie, être capable de s’exprimer à l’oral…» Les syndicats d’enseignants ont également fait part de leur inquiétude ces dernières semaines quant au maintien de ces épreuves. Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU (premier syndicat du secondaire), a estimé lundi sur France Info que le grand oral devait «être neutralisé». Elle assure : «Il ne peut pas se tenir vu les conditions dans lesquelles il a été préparé, en l’occurrence dans lesquelles il n’a pas été préparé.»

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