L’imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, un prédicateur exemplaire

Il y a 1 semaine 17
Vu d’Allemagne.
Dessin de Peter M. Hoffmann, Allemagne, pour “Courrier international”.

Au moment où se discutait à l’Assemblée la loi contre le “séparatisme”, la Süddeutsche Zeitung a publié ce portrait de Tareq Oubrou, l’imam de la mosquée de Bordeaux. Pour le quotidien allemand, il est l’exemple même de ce à quoi doit aspirer l’islam de France.

Vendredi après-midi, la mosquée de Bordeaux se remplit. Un agent de sécurité aide les fidèles à trouver une place où dérouler leur tapis de prière. On le voit traverser la salle en courant, à moitié courbé. Il y a aussi une caméra : la prière du vendredi est diffusée en direct sur Internet. Tareq Oubrou, imam de la mosquée de Bordeaux, a eu cette idée bien avant que le coronavirus ne nous oblige à transférer une bonne partie de nos vies en ligne. Il anime également un site et une chaîne YouTube parce qu’il veut être présent, en tant que théologien, là où certains esprits s’égarent si facilement : dans le fatras de l’islam en ligne, là où des prédicateurs autoproclamés se livrent à une surenchère d’idées extrémistes pour attirer l’attention.

Depuis le minbar, la chaire de la mosquée, Oubrou fait un prêche sur les bonnes actions, soulignant combien celles-ci ont peu de sens lorsqu’un croyant ne les conçoit que comme un billet d’entrée pour le paradis. Un peu plus tard, il explique que le plus dangereux pour l’homme est de ne pas douter. Il n’est pas là pour édicter des règles aux fidèles, mais pour les “inciter à réfléchir”, comme il dit. Il commence toujours par faire son prêche en arabe, puis en français, afin d’être compris par le plus grand nombre.

Une société parallèle, au bon sens du terme

Un vif débat sur l’islam agite encore une fois la France. Le meurtre du professeur Samuel Paty par un fanatique de 18 ans a rouvert les plaies du terrorisme islamiste. Un nouveau projet de loi est en discussion pour éviter l’apparition de sociétés parallèles. Au milieu de toute cette agitation, la mosquée de Bordeaux ressemble pourtant bien à une société parallèle, au bon sens du terme. Une société parallèle où ne régnerait pas le manichéisme réducteur du débat sur l’islam.

Aux premiers rangs de la mosquée sont agenouillés des hommes de tous les âges ; derrière se trouvent les femmes, qui commenceront un pique-nique à la fin du prêche. Les femmes portent le voile. Pour Oubrou, “de nombreux musulmans accordent bien trop d’importance” à ce morceau d’étoffe ; lui ne se soucie pas de savoir si les femmes le portent ou non dans sa mosquée. Appel à la réconciliation ! ; Ce que vous ne savez pas sur l’islam. Répondre aux préjugés des musulmans et des non-musulmans ; La Féministe et l’imam, tous les livres de Tareq Oubrou

[...]

Nadia Pantel

Cet article est réservé aux abonnés

Pour lire les 75% restants

Lire la Suite de l'Article