Procès Apple-Epic Games (Fortnite) : le modèle de l'App Store attaqué aux États-Unis

Il y a 3 jours 15

Un procès très attendu s'est ouvert lundi 3 mai entre deux mastodontes en Californie. Le développeur de jeux vidéo pour smartphones Epic Games, à l'origine du célèbre Fortnites'attaque au géant Apple qu'il trouve un peu trop gourmand sur les commissions prélevées sur son magasin d'applications App Store. 

Lorsqu'un utilisateur achète un jeu sur la plateforme, ou lorsqu'un joueur de Fortnite achète des armes durant une partie en ligne, Apple perçoit une commission de 30%. L'éditeur de Fortnite estime qu'il s'agit d'un abus de position dominante qui le prive de rentrées financières pour développer son activité. 

L'action lancée par Epic Games n'est pas un front isolé. Le modèle économique de l'App Store est aussi dans le viseur de la Commission européenne qui a lancé des poursuites contre Apple vendredi dernier à la suite d'une plainte déposée par Spotify. Le géant suédois du streaming musical accuse la firme américaine de profiter de sa mainmise sur l'App Store pour créer une concurrence déloyale entre Apple Music et les services rivaux.

De son côté, Apple explique que cet argent permet de développer l'App Store, de maintenir une exigence élevée de qualité sur la plateforme et de créer des emplois, en Europe notamment.

Le fonctionnement des plateformes dominantes en question

"Les juges américains vont d'abord se poser la question de savoir si c'est un monopole, résume sur RTL François Lévêque, professeur d'économie à l'École des Mines de Paris, auteur de Les entreprises hyper puissantes, géants et titans, la fin du monde global. Pour user d'un monopole, il faut être un monopole. Toutes les parties vont se battre autour de cette notion".

Ce procès revêt une importance majeure car il pourrait remettre en cause une partie du modèle économique du fabricant de l'iPhone et, par ricochet, celui des plateformes dominantes. Il sera suivi de près par les autres grandes entreprises du numérique, les fameuses Big Tech, dont les affaires sont de plus en plus dans le viseur des autorités à travers le monde.

"On observe une reprise en main par les États des affaires numériques globales, souligne François Lévêque. Aux États-Unis, à travers les affaires antitrust, en Europe, qui a déjà condamné Google à plusieurs reprises, et en Chine, où la branche financière d'Alibaba a été condamnée pour abus de position dominante. Le très grand est devenu trop grand. Les politiques veulent reprendre les choses en main".

Lire la suite

Lire la Suite de l'Article